Voyage à Taïwan en solo [J3 : Dernier vol et découverte de Taipei]

Je vous avais laissé à mon arrivée à Shanghai après un vol de 12h au départ de Milan.
À ma sortie de l’appareil, un jeune homme tient un panneau « transfert service », il ne parle pas un mot et se contente de faire signe d’aller tout droit.

Après une longue marche, le premier obstacle est le scan de température. Juste après, les files se séparent, une pour les transits vers le domestique, l’autre pour l’international. Taïwan est considéré comme international, au grand dam des Chinois. Pour moi, ça sera donc la file de droite. On m’appose un sticker sur ma carte d’embarquement et le numéro de la porte est annoté manuellement.
Après plusieurs contrôles de boarding pass, j’arrive face au PIF. Il n’y a pas grand monde, je me dis que ça va aller vite, mais que nenni. J’avais oublié où j’étais l’espace d’un instant.
J’enlève un maximum de choses de mon sac pour ne pas qu’il y ait de problème, dont ma trousse de câbles/chargeurs/batteries, en me disant qu’au moins je n’aurai rien d’autre à sortir de mes sacs.

Déjà, je sonne au portique, j’ai donc le droit à mon premier toucher… euh pardon, contrôle ! Mon premier contrôle de retour en Chine. Ça ne m’avait pas manqué, ça. Je peux vous dire qu’ils font toujours ça aussi intensément que dans mes souvenirs en tout cas.

Si mes sacs me reviennent sans problème, le bac avec ma trousse de câbles pose problème. On me demande de l’ouvrir, ce que je fais. L’agent sort alors absolument tout. Il ouvre clé USB, lecteur de carte SD, chaque câble est déroulé. Il a trouvé le problème : l’attache Peak Design pour mon appareil photo que j’appose sur mon sac à dos. Je ne l’avais pas mise volontairement car la dernière fois ils étaient très intrigués par ce bout de métal qui dépassait de ma bretelle… je vois que l’idée de le garder rangé était donc pire.
Il dévisse, regarde la clé qui permet de visser, la montre à sa collègue qui hoche la tête. Ce n’est pas pointu, c’est une simple clé, je ne vois pas pourquoi ça poserait souci. Il me dit alors qu’il va refaire passer ma caisse au scanner. J’attends donc de longues minutes, tout comme d’autres passagers qui sont arrivés entre-temps. Certains s’énervent un peu et montrent bruyamment qu’ils en ont marre. Finalement, après 10 minutes, voici ma trousse qui revient, avec l’intégralité déversée dans la caisse donc. Sympa !

Après cette épreuve, me voilà finalement dans le terminal désert. Même les duty free ne sont pas encore ouverts. Je reconnais très bien ce coin, c’est là où se trouve le lounge, il suffit de prendre un escalator pour monter à l’étage.
Je n’ai absolument aucun numéro de lounge sur mon boarding pass, je ne sais pas du tout où me rendre, mais le seul avec le logo China Eastern est le 137, que je connais déjà.
Je tente donc d’entrer là-bas, et bingo, c’est bien le bon endroit.

On m’accueille avec le sourire, et je réalise bien vite que nous ne sommes pas nombreux en cette heure si matinale. Il est 7H10 et malgré ça, les prestations salées se succèdent. Dans ce décor imitant un avion, dont je me rappelle très bien, les cuisiniers s’affairent devant les plats chauds.

On trouve toute une succession de mets salés, en revanche pour le sucré, le choix est plus limité. Je me laisse tenter par quelques douceurs puis vais me poser un instant au fond du lounge.

La fatigue commence à me gagner, je m’en vais donc prendre une douche, espérant que ça me réveille un peu.
L’hôtesse retient mon boarding pass en otage et part m’ouvrir une salle de bain. Quel bonheur de prendre une douche après un long-courrier !
Après ça, je ne veux qu’une chose, me reposer. Je demande si une salle de repos est disponible, car j’en avais déjà testé une la dernière fois et c’est vraiment l’idéal.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. L’hôtesse regarde son tableau et me dit, via la traduction de son téléphone, qu’il n’y aura pas de disponibilité avant sûrement 10H. Elle me donne un petit vibreur afin de me prévenir si une place se libère avant.
Je repars arpenter le salon qui s’est bien rempli depuis ce matin.
Peu avant 9H finalement, surprise, mon vibreur s’agite et sonne. Super ! Bon, seul problème, je suis à l’autre bout du salon donc j’espère qu’on va m’attendre.

Je me présente finalement dans les temps et on m’ouvre une des salles de repos. Je crois que j’avais eu la même lors de mon dernier passage. On y trouve un bureau, une petite table, une télé, et bien sûr un grand fauteuil qui permet de s’étendre.
Je somnole un peu ici, ça fait du bien d’être au calme.

Sur les coups de 11H, je décide de quitter le salon. En consultant l’écran, je m’aperçois que la porte a changé, c’est finalement en G139 que je dois me rendre. Le temps de marche indiqué est de 10 minutes. J’y arrive bien plus rapidement que ça. Le hall est assez grand, nous avons tous la place pour nous asseoir à proximité. Tout le long du terminal, on peut trouver des fontaines à eau. Je me rappelais de ce bazar à mon arrivée à Shanghai. Même pour de simples fontaines, il y a des dizaines d’écritures, rien n’est simple ici !

Un panneau indique que la porte du vol pour San Francisco a changé, les passagers sont donc envoyés à une autre gate.
Mon avion du jour arrive tout juste pour se mettre en place. Il s’agit d’un A330-200 et, pour la petite particularité, c’est une livrée SkyTeam. Le chargement du catering et du fret ne tarde pas.
Pour l’instant, il n’y a personne en porte mais il ne faudra pas longtemps avant qu’une hôtesse arrive pour distribuer des stickers « PASS » apposés sur le boarding pass, après un contrôle d’identité.

Trois panneaux sont utilisés pour la signalétique, les rangs avant 60, les rangs après 60, et SkyPriority. Nous ne sommes d’ailleurs vraiment pas nombreux dans cette file.

C’est finalement à 11H40 qu’on nous invite à pénétrer dans la passerelle menant à un grand hall et à un escalator. Après une nouvelle vérification du boarding pass et des passeports, s’ensuit une deuxième afin d’orienter les pax vers la bonne passerelle. Pour ma part, je pars vers la toute première, qui dessert la Business.

À l’entrée, deux PNC, compteurs en main, nous saluent. En apercevant mon boarding pass, je suis automatiquement guidée à ma place en 6L. Il s’agit du tout premier rang. Je connais déjà cette cabine, j’avais eu la même lors de mon vol entre Beijing et Shanghai en 2024.

Les racks à bagages ne sont pas très grands, mais mon steward s’affaire à monter mon sac. Pour mon plus petit sac (le sac à dos), je préfère le garder avec moi.
On peut dire qu’on a l’espace suffisant pour les jambes, mais alors par contre l’IFE est tellement loin !

Sur le siège se trouvent un oreiller et une fine couverture. Les chaussons sont quand à eux, sous l’ottoman. Pour un vol de 2H, c’est vraiment très bien.
À ma droite, la vieille télécommande fait très vintage. Elle est accompagnée d’une bouteille d’eau. C’est aussi ici que se trouve la prise électrique.

Je suis rapidement rejointe par ma voisine, une dame âgée qui voyage avec son mari qui est de l’autre côté du couloir. Sur notre console, un petit papier nous dit de faire attention à nos affaires lorsque nous manipulons téléphones, passeports ou écouteurs pour éviter de les faire tomber dans le siège.

Le plateau de verre de bienvenue arrive tout de suite. Au choix, eau ou jus d’orange. Avec ma voisine, nous optons toutes les deux pour la deuxième option, qui sera déposée sur notre console.
L’embarquement se poursuit à l’arrière, mais de notre côté, la cabine est presque pleine.
Un oshibori nous est distribué et l’équipage en profite pour prendre la commande pour le déjeuner. Le menu est énoncé oralement, au choix, bœuf, poulet, et je ne sais plus quel était le troisième choix. À chaque fois, accompagné de riz. En boisson, je choisis un thé noir (oui, j’ai besoin de me réveiller !).

Les consignes sont diffusées sur l’IFE sur les coups de 12H10, d’abord en anglais puis en mandarin. Oralement, d’autres interdictions viendront se rajouter.
La chef de cabine passe dans les rangs avec un QR code pour faire l’arrival card de Taïwan, mais pour ma part je l’ai faite avant mon départ.
Notre push a lieu à 12H20, et on nous annonce un vol de seulement 1H30. On va donc faire vite !

Comme j’avais mon sac à dos avec moi, on me demande de le mettre sous l’ottoman. J’y avais pensé mais il est pourtant indiqué qu’il ne faut rien stocker dessous, mais bizarrement, tout le monde a la même consigne.

La danse des coffres a lieu (à savoir, deux passages par deux PNC différents, et un petit coup de bâton). Nous partons ensuite au roulage, sur les coups de 12H30. Trois messieurs qui travaillaient sur le tarmac se mettent en ligne à notre passage et agitent la main pour nous saluer.
Je trouve ça toujours aussi génial.
Nous partons à présent faire la queue pour le décollage, au milieu de nos frères et cousins China Eastern et China Southern.

C’est finalement à 12H35 que nous quittons le tarmac de PVG. La prise d’altitude sera un peu longue, puis le service débutera à 13H15 avec la distribution d’un nouvel oshibori.
La table est dressée avec une nappe en papier et un plateau en plastique. Autant sur le long-courrier ce n’est pas top, autant ici, c’est déjà très bien d’avoir un plat chaud sur un vol si court.

Pour ma part, j’ai opté pour le poulet et c’était plutôt correct. Je n’ai pas touché à l’entrée en revanche, un peu trop crue pour moi. En dessert, des fruits bien appréciables.
On nous sert également ensuite nos boissons accompagnées d’un sachet de noix. Pour finir, la corbeille de pain est proposée avec une multitude de choix.


Quelques turbulences font trembler les verres mais il en faut plus pour nous ralentir. Ma voisine mange comme une goinfre, il faut dire que nous n’avons pas beaucoup de temps.
À 13H50, la descente est entamée et nous sommes débarrassés aussitôt.
Je regarde un peu ce qui se trouve sur l’IFE (même s’il faut des jumelles !). On ne peut le commander qu’avec la télécommande (forcément). Le contenu est strictement similaire à mon vol précédent.
Les films et séries sont disponibles, y compris du côté du cinéma international. Par contre, niveau musique, c’est le néant. De toute façon, aucun casque n’a été distribué. Ils sont punis de musique ou quoi ?
Je me rabats sur la géovision qui m’affiche un départ d’Algérie… Bizarre !


À 13H50, on nous informe que notre atterrissage est imminent. Les ceintures sont vérifiées, puis s’ensuivent les coffres à bagages (plusieurs fois).
Une vidéo est diffusée au sujet de l’importation de viande interdite à Taïwan, peu avant notre atterrissage.
Nous commençons à bien voir l’île se dessiner. Le ciel est chargé mais de la verdure se devine.
Il est 14H10 quand nous posons nos roues à TPE. Le roulage ne dure que 5 minutes et nous venons nous stationner à côté de Singapore Airlines.

Une petite musique nous fait patienter pendant les quelques minutes de débarquement. Un dernier sourire à cet équipage, et il est l’heure de quitter les lieux.
La passerelle trahit à elle seule le climat humide de Taïwan.
Après avoir remonté quelques couloirs dans l’aéroport, j’arrive devant une inspection des bagages, dans le but de voir s’il n’y a pas d’importation de viande. Simple formalité, il n’y a rien à retirer.

Ensuite, c’est le passage par le thermomètre et les tapis désinfectants. Me voici enfin devant la PAF et ses multiples files. Je me dirige dans la file « autre passeport » et ça ira finalement assez vite. Le policier ne me décroche pas un mot, il me demande de regarder la caméra et de scanner mes doigts comme l’indique la vidéo. Il tamponne mon passeport et me laisse partir.
Ma valise arrive au moment où je pose les yeux sur le tapis à bagages. Ou alors peut-être qu’elle tournait depuis 20 minutes, je ne sais pas ! Une fois attrapée, je me dirige vers la sortie.

Avant de quitter les lieux, ma mission est de trouver une carte SIM. Je prends le premier guichet Chunghwa et vais souscrire à une carte 4G pour 15 jours. Il m’en coûte 700 TWD. L’homme au comptoir était très sympa et m’a même dit que la 4G était suffisante à Taïwan. Tant mieux, car le même forfait en 5G était à 1400 TWD, le double donc !
Une fois cette bonne chose faite, je pars en direction du métro au sous-sol. Le train permet de rejoindre directement Taipei Station qui se trouve juste à côté de mon hôtel. Il est possible de payer directement en sans contact auprès du portique donc c’est une bonne chose. De ce côté-là, c’est bien plus facile qu’en Chine, et de manière générale, les gens parlent quand même bien plus anglais ici.
Dans le métro, il y a un silence incroyable. Personne ne parle. Nous filons au milieu de paysages tout verts, c’est magnifique.

Arrivés à la station Chang Gung Hospital, un message retentit. Si nous voulons rejoindre le train express, nous devons sortir à cette station et prendre le train d’en face qui arrive dans une minute. Vu que cela me permet de gagner 20 minutes, je saute sur l’occasion.
Quand le train arrive, une petite musique retentit, c’est trop mignon !
Dans cette ligne express, il y a beaucoup plus de monde, mais ici ce sont de vrais wagons avec des espaces réservés aux bagages.
Il est 15H45 quand j’arrive à Taipei Station. La gare est immense, je mets un bon moment avant d’enfin trouver la sortie. Celle qui était la plus proche de l’hôtel est introuvable. Tant pis, je trouverai mon chemin dehors.
À ma sortie, je découvre le temps moite et chaud de Taïwan. Il pluviote un peu mais la route jusqu’à mon hôtel est rapide.
Je parcours les rues les yeux remplis d’étoiles. Tout me semble magnifique, j’ai très hâte d’aller visiter !


Après quelques minutes de marche, je vois le Bee House se dessiner. Cet hôtel est hyper original ! Dès l’entrée, on se retrouve entouré de peluches. Ici, comme son nom l’indique, l’abeille est reine. On m’accueille avec le sourire et on me remet ma carte de chambre ainsi qu’un petit sachet que je peux aller remplir de douceurs au troisième étage où se trouve un candy bar.
Je découvre ma chambre, bien que très petite, elle est très fonctionnelle. Sur le bureau se trouve un petit assistant personnel qui donne la météo et permet de diffuser de la musique. J’adore ! Le câble HDMI est déporté, ce qui est vraiment pratique lorsque je ferai une soirée télé.

Après avoir posé mes affaires et bu un coup, il est seulement 16H45 alors je décide de partir arpenter le quartier.
Mais avant ça, je monte au candy bar car j’avais hâte de voir de quoi il s’agissait. Je remplis ma poche de vieux bonbons taïwanais que je ne connais pas, c’est hyper sympa comme concept.

Dehors, l’air est humide mais c’est respirable. Il pluviote toujours mais rien de grave, le parapluie n’est même pas nécessaire.
Les routes sont animées mais semblent quand même plus petites qu’en Chine. La plupart des allées sont couvertes, ce qui est très pratique, que ce soit pour la pluie ou pour le soleil.

Juste à côté de l’hôtel, je tombe sur mon premier temple, il est tout petit, il s’agit de Puji Temple. La rue est remplie de lampions qui se balancent, c’est sublime. Je me note d’y retourner une fois la nuit tombée.

Je décide de faire un tour dans un des multiples 7 Eleven qui m’entourent pour aller acheter une carte pour les transports et retirer de l’argent.
La Easy Card est un indispensable pour payer les transports en commun. Comme en Corée et au Japon, c’est une carte qu’on doit recharger dans les convenience stores (et uniquement en liquide). Il existe une multitude de cartes et de porte-clés qui sont tous plus mignons les uns que les autres. J’opte pour My Melody sous le format d’un joli porte-clé.
Pour l’argent liquide, je choisis de retirer 3000 TWD pour commencer, de toute façon il y a des distributeurs dans la plupart des 7 Eleven. Je charge 200 TWD sur ma carte de transport pour le moemnt, je sais que je pourrai toujours aller la recharger plus tard.


Après ce petit tour de quartier, je me prends à manger, et rentre manger au frais dans ma chambre.
La nuit tombe vite, c’est à 18H30 que je ressors. La pluie tombe un peu plus à présent. Je fais le tour sous les trottoirs couverts et découvre l’ambiance Taïwanaise.

Comme je l’avais noté, je retourne au Puji Temple. La lumière des lampions illumine la ruelle mouillé, c’est une bonne entrée en matière pour découvrir Taipei.


Je ne reste dehors que 20 minutes car la fatigue ne me quitte pas.
Il est enfin l’heure d’aller dormir. Je n’attends que ça depuis longtemps.
Il est 21H et je sombre dans un bon sommeil réparateur.

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