Voyage à Bucarest en solo [J3 : Muzeul Național al Satului & Palais du Parlement]

Ce matin, il est 9H30 quand je me réveille. La journée s’annonce tout aussi chaude que la veille.
J’avais prévu d’aller voir le musée du village Dimitrie Gusti, situé un peu à l’écart du centre-ville, dans le parc Herăstrău.
Il n’est même pas 10H quand je suis déjà à l’arrêt du bus 205, qui va me déposer non loin. C’est avec beaucoup d’avance que le bus arrive, on ne peut jamais être sûr de l’heure de son passage, il faut vraiment surveiller Google Maps.
Après un passage sur la place Charles de Gaulle où se trouve l’Arc de Triomphe, je suis déposée face au parc où se trouve le Muzeul Național al Satului.
Google Maps me faisait faire un gros détour pour pénétrer dans le musée alors qu’il y a un passage piéton qui permet de traverser les nombreuses voies et qui mène juste devant l’entrée du musée, heureusement que je me suis écoutée !

L’entrée dans le musée coûte 40 lei (soit 7,5€). Il s’agit d’un musée à ciel ouvert reconstituant un village roumain au fil des âges. J’avais déjà visité ce type de musée ethnographique en Norvège et je trouve ça vraiment sympa.
Le parcours est libre au sein du village, il suffit de choisir le sentier qu’on souhaite emprunter. De part et d’autre, des panneaux en roumain et en anglais commentent les vieilles demeures.

Il y a beaucoup de petits chatons en liberté, mais les pauvres sont bien minces.
Le parcours est très ombragé, c’est donc très agréable de s’y promener, on craint beaucoup moins la chaleur qu’en plein centre-ville ici.
On trouve beaucoup de petits créateurs qui exposent leurs œuvres (tricot, crochet, sculpture sur bois…), tout en continuant à travailler. Il y a même des producteurs de miel pour les amateurs.
On peut aussi y voir quelques monuments marquants comment l’immense église qui trône sur une place et dans laquelle on peut pénétrer, ainsi que les quelques moulins.

Dans l’ensemble, j’ai vraiment beaucoup aimé cette visite, et c’était de plus, très agréable. J’ai été surprise par le monde qu’il y avait, ce n’est pourtant pas dans les « incontournables de Bucarest » d’après les guides. J’ai au total passé une bonne heure à parcourir le village.

Il est 11H30 quand je quitte le musée. Face à moi se dresse un immense pont qui permet de poursuivre sa balade dans le parc Herăstrău mais pour ma part, je n’ai pas le temps, je vais donc retourner vers le bus.

L’arrêt se trouve en plein sur la quatre voies où l’air est étouffant avec ce soleil qui tape.
Ce calvaire ne dure pas longtemps car le bus passe avec un peu d’avance à 11H40, et je grimpe dedans, sereine à l’idée d’être déposée à 5 minutes de l’hôtel. En suivant l’itinéraire sur Google Maps, je me rends compte que nous avons dévié de notre trajectoire et que les arrêts affichés sur l’écran ne correspondent pas à ceux prévus. Je me retrouve donc en plein devant l’Athénée et descends de justesse devant la place de la Révolution. Je suis à 20 minutes à pied de mon hôtel ! Certes, je connais le chemin mais je suis vraiment dégoûtée de devoir me taper cette route à pied alors que le bus devait me déposer juste devant. Je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu se passer.

Vu que je suis assoiffée, je passe me chercher à boire à la supérette d’à côté où je suis reçue avec des compliments.
Il est 12H30 quand je rentre enfin à l’hôtel. Ce retour fut vraiment pénible, je m’en serais bien passé.
Je grignote un peu et surtout je me rafraîchis bien avant de repartir sur les coups de 13H30. J’ai rendez-vous entre 14H et 14H30 pour la visite du Palais du Parlement. J’avais réservé une visite guidée en anglais, il n’est de toute façon pas possible de visiter le bâtiment soi-même. Comptez une trentaine d’euros pour cela.
Je voulais prendre de la marge avant de prendre le bus car avec ce qu’il s’est passé tout à l’heure, je réalise vite que rien n’est gagné.
En me rendant à l’arrêt de bus, je vois une fois de plus que le bus que je suis sur Google Maps ne passe pas par ici. À ne rien y comprendre.
J’attends le suivant qui doit passer dans 15 minutes mais je suis en plein soleil et attendre un bus qui est potentiellement fantôme lui aussi ne m’enchante guère.
Après quelques recherches sur le site des transports de Bucarest, je comprends qu’il y a 3 itinéraires pour ce bus, et un ne passe pas du tout par ici. Si j’ai eu de la chance hier soir et ce matin, la chance m’a quittée.
Vu que je n’ai pas envie d’attendre plus longtemps et que je n’ai aucun moyen de savoir quel bus va prendre le bon chemin, je décide de prendre un Bolt. Il ne m’en coûte que 17 lei pour rejoindre le point de rendez-vous situé non loin du Palais du Parlement.

À mon arrivée devant l’agence de Transylvanian Wonders, il est à peine 14H10 et les deux gérants sont en train de papoter dehors. Nous arrivons tous les uns après les autres, bien en avance donc. Ils vérifient que tout le monde a bien ses papiers d’identité et nous invitent à patienter. Ce n’est qu’à 14H30 que le check-in a réellement lieu en échange d’un bracelet bleu. Contrairement à ce qui est dindiqué dans les mails, il est donc inutile de venir si tôt. Il y a beaucoup de nationalités différentes pour cette visite, des Anglais, des Américains, des Russes, des Japonais, et même des Belges.
Dix minutes plus tard, nous prenons la route en direction du palais. La vue sur cet immense bâtiment est magnifique. Nous entrons sur le côté de l’édifice mais vu qu’il a quatre faces pratiquement identiques, personne ne saurait le dire.


Ce gratte-ciel stalinien abrite le parlement roumain sur une superficie de 350 000 m², rien que ça. Il s’agit même du plus grand bâtiment en pierre au monde, et du deuxième plus grand bâtiment administratif après le Pentagone.
Nous passons tout d’abord par une inspection des sacs, comme dans les aéroports. Les liquides et les objets pointus sont interdits et il n’y a pas de consigne, alors pensez-y.
Après un temps d’attente, il est 15H quand on vient enfin nous chercher pour récupérer nos badges. Nous sommes une trentaine, alors le contrôle de chaque pièce d’identité prend un peu de temps. On nous remet un badge à porter autour du cou et on nous fait à nouveau patienter.
Finalement, notre guide accréditée par le palais arrive et nous invite à la suivre. Nous montons à travers un magnifique escalier de marbre blanc et arrivons dans un long couloir.

Elena, notre guide, se présente et nous donne quelques mots sur la construction de ce palais. Il a été voulu par l’ancien dirigeant communiste Nicolae Ceaușescu dans les années 1980 dans le but de montrer la puissance absolue du régime.
Ce qui est fou, c’est que pour construire ce palais, un quartier entier de la ville a été rasé et 7 000 maisons et églises ont donc disparu.
Plus de 20 000 ouvriers se sont tués à la tâche jour et nuit pour accomplir cet exploit. Et le pire, c’est que Nicolae Ceaușescu est mort avant la fin du chantier, exécuté pendant la révolution.
Elena nous précise que nous sommes libres de faire des photos et des vidéos partout, sauf aux entrées/sorties du bâtiment.
Nous visitons tout d’abord une jolie salle de spectacle impressionnante avec un lustre phénoménal. Après nous avoir expliqué comment changer une ampoule (via une porte secrète !), nous passons à la suite.

Après avoir monté trois étages, nous arrivons dans un long couloir avec des costumes d’époque et de beaux tableaux.

Nous visitons ensuite diverses salles de conférences, toujours agrémentées des petits commentaires d’Elena qui rendent la chose beaucoup plus intéressante.
Par exemple, nous y apprenons que le bâtiment s’enfonce chaque jour un peu plus dans la terre, en raison de son poids colossal.

Elena nous précise qu’il y a en tout 15 niveaux, 12 à la surface et 3 en dessous, du moins de manière officielle. Car officieusement, il y a potentiellement tout un réseau de galeries en dessous avec encore davantage de pièces cachées. Nicolae Ceaușescu avait peur d’une guerre nucléaire et avait donc prévu en conséquence, en atteste l’ascenseur qui a été creusé sur 30 niveaux. Étonnant, non ? Sur les plus de 1000 pièces (connues), nous n’en visitons que 3%, donc autant vous dire que cela donne le vertige d’imaginer une visite complète.
Le contraste est fou, ce bâtiment, à la base fait pour montrer le pouvoir communiste, est aujourd’hui l’endroit qui abrite le siège du parlement roumain. Quelle belle ironie !

Pendant notre visite aujourd’hui, un événement avait lieu dans un des halls, toute une délégation était en train d’arriver, tous habillés sur leur 31.
Durant tout le tour, j’ai sympathisé avec deux femmes belges qui ne comprenaient pas l’anglais et étaient donc un peu perdues dans les commentaires (pourtant très intéressants d’Elena). Je leur traduisais régulièrement les petites anecdotes et elles en étaient très contentes. Nous avons profité de la fin de la visite pour discuter un peu plus longuement.
À la fin de la visite, Elena nous invite à regarder le sol : le même logo se répète à divers endroits. Il s’agit en fait de la forme du palais vu du ciel. On peut même y apercevoir les jardins.

Une fois ressortie du bâtiment, je n’ai qu’une envie, m’acheter à boire. J’étais venue sans eau, et je commence forcément à ressentir le manque, même si la clim durant la visite m’a fait beaucoup de bien.
Je prends le temps de faire quelques photos sur le côté du bâtiment avant de partir à pied pour le voir de face.
La place de la Constitution semble le meilleur endroit pour observer ce gigantesque bâtiment, mais il est impossible d’y aller depuis là où je me trouve. Traverser cette grande avenue est impossible et une fois devant le palais, le soleil est très mal placé pour les photos, et au final les différences avec la vue sur le côté sont très minimes.

Une longue marche m’attend pour contourner toute la zone du palais, et c’est sous une chaleur écrasante et aucun répit que je remonte l’avenue par une rue adjacente. Je passe devant la magnifique église Nicolae Vladica où un vieux tram s’amuse à faire des allers retours. Ça rajoute encore un peu de cachet au lieu.

Pour ma part, je poursuis vers Mega Image pour aller m’acheter plusieurs litres d’eau (je ne plaisante pas) bien mérités.
J’avais repéré la Patriarchal Cathedral qui se trouve géographiquement non loin, mais pour y aller, c’est un parcours du combattant et franchement j’ai déjà eu beaucoup trop chaud pour aujourd’hui.

Après avoir remonté tout le boulevard, j’arrive enfin face aux fontaines. Je savais qu’elles étaient en travaux mais je pensais quand même qu’on pourrait les voir un peu, mais que nenni, tout est caché. Tant pis !

Face à moi se trouve un magasin Roshen, une enseigne que je ne connais pas, mais qui semble très sympa avec sa multitude de statues en forme de chat. J’apprends qu’il s’agit d’une marque ukrainienne alors comme je ne connais pas, je me décide à aller y faire un tour.
Un peu comme chez Lindt, on peut choisir ses parfums et se faire des petites poches qu’on paye au poids. Je craque pour quelques douceurs afin de pouvoir goûter.
Les trams défilent sous mes yeux mais pour rentrer, Google Maps me propose de prendre un bus, mélangé à encore un peu de marche. Comme j’ai vraiment très chaud, j’opte finalement pour un Bolt. Pour à peine 17 lei à nouveau, je ne vais pas m’embêter.
Mon chauffeur est vraiment adorable. Lorsqu’il apprend que je suis française, il me raconte qu’il a travaillé 8 ans chez Danone et que son collègue avec qui il est toujours en contact est parti vivre à Lille. Il est vraiment très sympa, et même si le trajet est court, nous en profitons pour échanger.

Il est près de 18H quand je suis déposée devant mon hôtel. Je prends mon welcome drink à emporter pour pouvoir me poser dans ma chambre et siroter ma boisson.
J’ai le temps de décharger mes photos et d’écrire ces quelques lignes et il est déjà bientôt l’heure de commander à manger. Au final, c’est vraiment très pratique pour ne pas perdre de temps à faire l’aller-retour en ville pour trouver un endroit où se poser.
Ce soir, ma soirée sera tranquille, mais je dois me coucher assez tôt car le réveil demain sera très matinal.

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