Voyage à Taïwan en solo [J8 : Direction Tainan, Shennong Street & Fort Provintia]
Réveil difficile à 7H15 ce matin. Je boucle mes valises et me prépare rapidement. Le check-out à l’hôtel ne me prendra pas longtemps, il est déjà l’heure de partir vers la gare. Le jeune homme à la réception me dit que si c’est pour prendre un train, inutile de descendre dans le sous-terrain du mall, il vaut mieux que je reste à la surface. Je suis bien d’accord, parce que c’est un sacré bazar pour retrouver son chemin une fois à l’intérieur.
Je regagne donc la gare à pied, je l’atteins facilement en moins de 15 minutes. L’entrée pour le HSR est dédiée à la grande vitesse. Après un scan, je me retrouve dans une salle d’attente avec 30 minutes devant moi. Finalement, j’avais largement le temps de dormir un peu plus, mais je ne savais pas comment ça allait se passer. Les trains sont sur deux plateformes, une pour le nord et une pour le sud, rien de très compliqué donc.

Quelques minutes avant mon train, je descends sur la plateforme. Des marquages au sol indiquent où se placer en fonction du numéro de notre voiture et de notre siège. Tout est vraiment parfaitement organisé. Qui est étonné ? Une jeune femme me demande si je voyage seule, et nous entamons la discussion en attendant le train. Je lui raconte mon périple et elle m’écoute, admirative. Elle, vit à Taipei et part à Taichung pour le boulot, juste pour la journée.
Le train entre en gare avec son grand nez pointu, à l’image des Shinkansen japonais et des KTX coréens.

Tout le monde suit les lignes dessinées au sol et prend place. Je découvre mon siège en 2A, il s’agit du premier rang contre la fenêtre, dans une rangée de 3. Point positif, l’espace pour les jambes est très important, même si je suis en seconde classe. Il y a des espaces réservés à l’entrée du wagon pour placer les grosses valises, et de la place au-dessus de nos têtes pour les plus petits bagages. Nous partons pile à l’heure à destination de Zuoying dans le sud de Taïwan. Les messages défilent au-dessus de nos têtes, avec les prévisions météo et la vitesse du train. Nous atteignons rapidement les 300 km/h et fonçons dans le sud du pays. Une dame passe avec un petit chariot pour proposer nourriture et boissons, mais elle n’a pas trop de succès. À noter que, comme beaucoup de trains dans le monde, les blocs de sièges peuvent se retourner, ce qui permet à tout le monde d’être facilement dans le sens de la marche, et aux familles de voyager ensemble.
À 9H50, le train commence à décélérer, signe que nous arrivons prochainement. C’est pile à l’heure que nous sommes déposés en gare de Tainan. Cette gare pour les trains à grande vitesse est située assez loin du centre-ville. Des trains locaux font les interconnexions entre les deux gares, mais je dois pour cela attendre 20 minutes. J’opte pour un Uber qui sera disponible tout de suite et qui va pouvoir me déposer directement à mon hôtel.
Je suis déposée devant le Shangri-La, où je vais passer mes deux nuits. Il est beaucoup trop tôt pour récupérer ma chambre, mais on m’indique qu’elle sera prête vers midi si je le souhaite. En attendant, je dépose mes bagages et m’en vais visiter la ville.

Il est à peine 10H40 et déjà le soleil tape durement. Cette journée s’annonce chaude, très chaude ! Tainan n’a rien en commun avec Taipei. Les rues sont plus petites mais il y a tout de même beaucoup de trafic. Comme dans la capitale, les trottoirs des grands axes sont couverts, ce qui permet de rester à l’ombre.


Je m’attrape un bubble tea chez Milksha, une marque très connue ici. Je remonte les ruelles qui mènent jusqu’au Tiantan Tiangong Temple, ça sera ma première visite de Tainan. Il est vraiment tout petit, l’entrée est gratuite, et à part quelques locaux, il n’y a personne. Je remonte dans la rue où d’autres petits temples se trouvent aussi, mais je ne les trouve même pas sur Maps, ce sont vraiment juste des petits endroits que les fidèles saluent en passant.

Après une bonne petite marche, le Hayashi Department Store se dresse devant moi. Ce grand magasin date de 1932, et il est resté dans son jus depuis l’ère coloniale japonaise. Je pénètre à l’intérieur pour prendre un peu le frais. Des toilettes sont aussi à disposition. Dans la boutique, on trouve des produits régionaux par milliers.

Il est possible de monter au sommet, mais sur le moment, je n’avais pas trop envie, alors j’ai passé mon tour. Je continue ma balade et arrive à présent devant le Temple de Confucius.
Ce dernier est très grand et, pour le coup, l’entrée est payante. Comptez 70$ pour pénétrer dans les lieux.


Le grand jardin s’ouvre sur plusieurs bâtiments, mais le plus impressionnant est la magnifique pagode. À ses pieds, je trouve une fleur de frangipanier, mes préférées. J’en avais ramassé des dizaines à Bali, et même au Vietnam, et voilà que j’en trouve une seule ici, elles me suivent partout.

Un peu partout, une multitude de petits écureuils se promènent. Il y en a beaucoup ici !

Je poursuis la visite dans le plus grand temple, dont on peut aussi visiter l’intérieur. Sur une table devant, nous avons à disposition des petits papiers à suspendre au mur après avoir écrit nos vœux, ainsi que de jolis tampons. J’en profite pour coucher sur le papier les miens, alors que j’échange avec un couple d’Américains. Il y a pas mal de groupes scolaires en visite ici, il faut donc jongler entre les petits enfants qui se promènent partout.


Après avoir terminé cette belle visite, il est presque 13H, l’heure tourne et je commence à avoir faim.
Je m’arrête pour déjeuner non loin, j’ai bien mérité de profiter d’un peu de clim.

Pour le reste de la journée, j’avais regroupé pas mal de visites dans le centre-ville de Tainan. Je me fraye un chemin jusqu’à Shennong Street, une célèbre petite rue remplie de boutiques traditionnelles et de jolies décorations.


Un temple trône au bout, alors que de chaque côté de la rue, des lampions se balancent au rythme du vent. Il se lève un peu, ça aide à échapper à cette chaleur étouffante. Je ne suis pas la seule touriste à me promener ici. Cet endroit est très photogénique. Le Yongle Market se dresse ensuite devant moi. Mais après avoir rapidement fait un petit tour dans une allée, ça ne me donne pas envie d’aller plus loin. Ça sent très fort dans ce marché, ça ne me donne pas envie de m’y aventurer davantage.
Toujours un peu plus loin sur le même chemin, j’arrive au Tainan Grand Mazu Temple. Ici, l’entrée est gratuite et on peut accéder librement au lieu. Il y a beaucoup de monde et de lourds tambours se font entendre. La grande statue est impressionnante, ce temple est très coloré.

Pour terminer, ma dernière visite est le Chihkan Culture Park. Ici se trouvent les traces de l’occupation hollandaise. L’entrée coûte 70$ et débouche sur le Fort Provintia. Mais avant, il nous faut traverser un petit pont qui passe au-dessus de quelques carpes. On peut même mettre 10$ dans un distributeur pour récupérer de la nourriture à leur donner.
Évidemment, comme toute grande enfant qui se respecte, je me laisse tenter. Ce fort a été construit par les Hollandais en 1653 et servait de poste administratif secondaire.


De grands palmiers dépassent, et en dessous se trouvent les deux forts, ouverts à la visite.
Les deux bâtiments sont magnifiques, ça change de tout ce que j’ai pu voir à Taiwan jusqu’à présent. Dans le premier, je monte à l’étage qui offre une belle vue sur la ville.

Dans le deuxième, une exposition permet de comprendre un peu mieux pourquoi on trouve de telles traces néerlandaises en plein milieu du pays. Après cette dernière visite, il est 16H15 quand je reprends le bus juste devant le monument.
À cause des travaux, il a un sacré détour à faire, mais l’avantage, c’est qu’il y a un arrêt du nom de mon hôtel, juste devant ce dernier. Alors, en 15 minutes, me voilà de retour.
Cette fois, on me remet ma carte de chambre et on m’indique que mes bagages ont déjà été montés. Je découvre une chambre immense, avec un véritable bureau présidentiel et un lit majestueux. Le clou du spectacle ? La vue sur d’immenses baies vitrées. La ville de Tainan est à mes pieds. Non loin, l’aéroport de Tainan a un trafic si faible que je ne verrai rien d’intéressant, mais les ruelles et bâtiments autour de moi semblent si petits depuis le 37e étage.


Peu avant 18H, j’enfile mon maillot et me rends au 7e étage où se trouve la piscine. On me tend une serviette et on me demande si j’ai besoin d’un bonnet de bain. À Taiwan, c’est obligatoire.
J’avais pris le mien, juste pour être sûre de ne pas me mouiller les cheveux s’il y avait du monde qui chahutait.
Au final, je trouve une piscine déserte. Le vent explique peut-être que personne n’ait trop envie de se mettre en maillot de bain. Rentrer dans l’eau à 28° est malgré tout un peu difficile.
Le maître-nageur me surveille du coin de l’œil, alors que je descends lentement dans le bassin avec mon bonnet sur la tête. D’ici, on a une vue sur la grande tour de l’hôtel.

La nuit tombe, il y a de plus en plus de vent, je suis bien dans l’eau mais quand je ressors les épaules, ça caille !
De retour dans ma chambre, j’en profite pour me poser un peu et découvrir la vue de nuit, qui est encore plus belle. On est loin des lumières de Taipei, mais c’est tout de même très sympa.
Je décide de commander via Uber Eats pour ce soir car tout est un peu éloigné ici.
Ma commande met un peu de temps à arriver, mais cette fois, je vais pouvoir manger devant la télé. Demain, ma journée à Tainan sera dédiée à Anping, un quartier un peu à l’écart du centre-ville.

